HISTOIRES VECUES

                                               



                                                        Cameron Macaulay :
                                                The boy who lived before
                                         d'après le documentaire britannique
                                               réalisé par
Lesley Katon.2006
 


Le
 
petit Cameron Macaulay est né en Ecosse. Sa maman l’élevait seule avec son frère Martin. Ils vivaient dans une belle maison mais malgré tout l’amour que lui prodiguait Norma, sa maman, il était triste depuis qu’il était bébé.

 

Lorsqu’il fut en mesure de parler, de faire une phrase compréhensible, il expliqua à sa maman que sa famille lui manquait. Son autre famille.

Souvent, Norma Macaulay avait demandé « mais de quelle famille parles-tu ? » Le gamin répondait à chaque fois, imperturbable :

– Mon autre famille, celle que j’avais avant de tomber ici, dans ton ventre...

– Mais... c’est moi ta famille mon chéri. Je suis ta maman, ta seule famille.

La pauvre Mrs Macaulay, totalement perturbée par les dires répétitifs de son enfant, cherchait à le faire parler pour en savoir plus, pour tenter de le prendre en défaut. Elle aurait tant voulu que son fils se moqua d’elle... Que tout cela ne fut qu’un jeu étrange !

– Et ou viviez vous, toi et ton autre famille mon chéri ?

– A Barra.

Barra, Barra... ce nom disait quelque chose à Mrs Macaulay...

Elle se leva, se dirigeant vers la carte punaisée au mur de la cuisine. Du doigt elle chercha... Ce nom lui faisait penser...  les îles... Voilà... Barra... une île bien loin de Glasgow...

– Pourquoi me parles-tu toujours de cette autre famille ?

Le gamin secouait la tête, confus mais droit dans ses bottes :

– Parce que je m’ennuie d’elle. Mon autre maman me manque terriblement. Ma maman de l’île de Barra. Et mon papa aussi me manque aussi mais il n’est plus là-bas, il n’avait pas bien regardé des deux côtés. 

Mrs Macaulay se perdait en conjectures. Depuis que Cameron était en âge de parler, de marcher, il racontait cette histoire, et elle ne déviait jamais.

Il disait qu’avant de venir ici, il vivait sur l’île de Barra, et qu’il avait une autre famille. Son papa, Shane Robertson, sa maman, et ses trois frères et soeurs, vivaient dans une maison si grande qu’ils avaient trois salles de bains alors qu’ici, à Glasgow, il n’y en avait qu’une. Ils avaient une grande voiture noire, et un chien noir et blanc. Ils vivaient sur la baie et quand Cameron regardait par la fenêtre de sa chambre, il pouvait voir les avions attérrir sur la plage. A la maison, on lisait toujours ce grand livre qui parle de Dieu et de Jésus. Ils vivaient tous ensembles, heureux. Malheureusement, un jour, son père était mort, "parce qu’il n’avait pas bien regardé des deux côtés".

 


Son histoire effrayait Norma et l’intriguait. Son enfant était une personne très éveillée, trop sérieuse, avec un Q.I impressionnant, qui n’avait que peu le sens de l’humour, il ne racontait jamais de sottises ni de billevesés, ce n’était pas son genre.

Les voisins s’amusaient à lui poser des questions, et Cameron répondait toujours la même version, jamais elle ne changeait d’un mot, depuis qu’il était en âge de parler.

 

Mrs Macaulay s’adressa à un pédo-psychiatre, le docteur Chris French - qui faisait partie du mouvement « sceptique », ceux qui doutent de l’existence du paranormal, de l’irrationnel, bref, de la réincarnation - et ce dernier tenta de prendre Cameron en défaut, de lui faire dire qu’il inventait cette histoire, qu’il voulait faire une farce à sa maman... Devant le sérieux et la ténacité de l’enfant, il tâcha de persuader la mère que Cameron se moquait d’elle, qu’il avait trop regardé d'émissions à la télévision, qu'il souffrait d'un délire obsessionnel, qu’il s'inventait tout ça et qu’il fallait le mettre sous traîtement de toute urgence dans son hôpital.

Mrs Macaulay qui réagissait vite; ne revint plus voir ce spécialiste dangereux. Ses propos lui faisaient plus peur que le mystère clamé par son gamin depuis trois années.

 

Suite à une brève recherche, la maman du petit garçon consulta un chercheur d’une université de Virginia, aux Etats-Unis, qui s’occupait de prouver la réalité des réincarnations, et son étude concernait surtout les témoignages d’enfants. Le docteur Jim Tucker l’accueillit bien plus aimablement et spirituellement que le pédo-psychiatre ne l’avait jamais fait. Il lui raconta que de par le monde, et ceci suite à ses nombreux voyages, ses recueils de témoignages, il se trouvait des milliers d’enfants qui disaient avoir déjà vécu. Ils se souvenaient de la dernière de leur vies antérieures. Mais vers l’âge de 7 ans environ, ces souvenirs commencaient à s’estomper puis disparaissaient totalement avant l’âge de 10 ans.

 

Ces explications bouleversèrent Norma Macaulay car ces paroles avaient des accents de vérité. Elle préférait croire cela, que d’accepter que Cameron soit un malade mental qui la manipulait depuis sa naissance...

 

Avec l’aide du psychologue Jim Tucker et d’une équipe de tournage d’une chaîne britannique, ils partirent tous pour l’île de Barra, dont Cameron n’avait jamais entendu parler.

Dès leur arrivée sur l'île, le petit Cameron agita ses bras à travers les hublots et clama :

– Je suis de retour !!

Il descendit de l’avion, se tourna vers son frère Martin et dit : 

– Et maintenant, tu penses toujours que je te raconte des histoires ? 

Cameron changea, il redevint tout à coup heureux et parfaitement dans son élément, comme s'il avait toujours vécu en ces lieux... Il avait hâte que ses deux mères se rencontrent, il était vraiment heureux de revoir sa maman de Barra.

Mrs Macaulay et Jim Tucker décidèrent d'aller voir le maire et lui demandèrent si une certaine famille Robertson avait vécu à Barra. Le maire, Mr Calum MacNeil, qui était également l’historien de l’île, consulta ses registres, patiemment, mais il fut bien obligé de constater qu’aucune famille Robertson ne figurait sur leurs registres. Il n’y avait aucune famille à ce nom...


 

Légèrement dépités, le chercheur et la petite famille Macaulay n’en continuèrent pas moins leur visite de l’île. Arrivés à la pointe sud de l’île, Cameron dit, soudain exalté :

– Je connais cet endroit, j’y ai déjà joué dans mon autre vie, c’est pas loin de là où est mon autre maison.

Le chercheur et la maman furent bouleversés par ces dires, et ils le furent bien plus lorsque l’historien les rappela le lendemain, leur fixant rendez-vous de toute urgence.

En effet, il était confus de le dire, mais le petit Cameron ne s’était pas trompé : il y avait bien eu une famille Robertson sur l’île. Ils avaient loué la maison blanche à la pointe Sud.

 

Devant le maire médusé, Cameron raconta encore une fois sa version. Il narra qu'il vivait ici, jadis, dans une maison blanche au bord de la mer avec ses parents, ses frères et soeurs... Ils avaient un chien noir et blanc. Des avions passaient devant la maison souvent, et de la fenêtre de sa chambre, il pouvait les voir attérrir. Il donna également plein de détails sur cette vie passée qui laissa supposer aux deux hommes que cela pourrait correspondre à l'époque d'après guerre, les années 1940 ou 1950.


 

Le professeur Jim Tucker expliqua aux adultes qu’il était temps d’entreprendre une confrontation des lieux avec les souvenirs de Cameron.

En se rendant à cette maison en voiture, Mrs Macaulay demanda à son fils de ne pas regarder le paysage comme il l’avait fait depuis leur arrivée dans l'île et ceci pour ne pas fausser ses souvenirs. Arrivés sur la plage de la pointe Sud, devant la fameuse maison, le petit garçon ralentit étrangement, redevint silencieux et triste, il était d’un calme étrange, il ne parlait presque plus et ne voulait pas y entrer, sachant depuis hier que derrière ces murs blancs, ne se trouvait plus sa maman tant désirée. Elle n’existait plus dans cette vie là.

Les adultes respectèrent son émotion, il semblait extrêmement remué.

La maison avait été ouverte spécialement pour l’équipe de tournage et le dr Tucker.

L'enfant accepta d'en faire le tour et les adultes retrouvèrent d'autres détails que l'enfant avait donné, comme la petite barrière qui donnait sur le chemin accédant à la maison et que les enfants appellaient le "passage secret ".


 

Finalement un peu plus tard, Cameron accepta d'entrer dans la maison comme on entre dans un sanctuaire. Mais il ne se rappellait que de la cheminée, ce qui semblait sensé car les meubles disposés dans les pièces étaient forts récents. Cependant, Cameron reconnut quand même chaque pièce de la maison et dit où couchaient ses soeurs.... Mrs Macaulay fit remarquer à Jim Tucker que de la fenêtre de la chambre de Cameron, ils avaient une vue très nette sur la plage, là où le gamin affirmait avoir vu des avions décoller et attérrir...

Mais la suite n’apporta pas plus de précision, et Cameron était de plus en plus nostalgique de savoir que plus personne ne vivait dans sa « maison » depuis longtemps.

Mrs Macaulay décida de rentrer à Glasgow avec ses enfants. Bientôt elle nota un changement de comportement chez son fils. Il devenait plus calme, taciturne, réservé.

Il ne parla plus de sa maison de l’île de Barra. Il ne parla plus de son autre maman...


 

Ne baissant pas les bras, le docteur Tucker et Norma poursuivirent leurs investigations auprès d'une généalogiste qui retrouva les traces de la famille Robertson. Dès qu’il fut établi que c’était bien la bonne famille Robertson, de Barra, le dr Tucker prit contact avec l'un des membres toujours en vie, de cette famille...

Ce fut la rencontre.

Cameron découvrit avec émotion une dame de plus de 60 ans et qui était, d’après leurs recherches : sa soeur !!

En ouvrant l'album de famille pour le petit garçon, la dame vit la palette d’émotion qui s’étalait sur le visage de Cameron, car on y retrouvait des éléments dont avait parlé Cameron, dont ce fameux chien noir et blanc... sur l’île, la fameuse grande voiture noire.

 

Le professeur et la maman demandèrent si dans cette famille Robertson un enfant ne serait pas mort en bas âge d'une maladie ou d'un accident. Jim Tucker pensait bien évidemment à la réincarnation. Miss Robertson répondit qu'il n'y a jamais eu de petit frère décédé dans un accident.

Rien ne permettait d’affirmer ou de nier que Cameron soit l’un des enfants Robertson. Ils n’étaient pas plus avancés, bien que Cameron ait retrouvé la trace de son autre « maison »...

 

Pauvre Cameron, prions pour qu’il ait très vite sept ans, dix ans, et que ses souvenirs commencent à s’estomper, s’effacent, lui permettant de vivre pleinement cette vie-ci...

 

 

 

FIN

 

 

 

 

Par Helena Grantham - Publié dans : A CHACUN SON DESTIN - Communauté : jeune auteur et compositeur
Dimanche 15 novembre 2009

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  • : HELENA GRANTHAM
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  • : Vous trouverez ici la totalité des écrits d'Helena Grantham, auteur, romancière, poète, ésotériste. Son roman "Amants et ennemis" est édité chez Le Manuscrit.

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